La fameuse boutique

La fameuse boutique - Rhonda Gamboa

De retour d’une soirée, j’avais bifurqué dans une rue et j’avais découvert une boutique, fermée à cette heure tardive. Je vis des robes vraiment élégantes. Les souliers qui étaient présentés dans la même vitrine étaient tout aussi jolis. Une écharpe, dont je ne voyais pas bien le coloris avec la lumière artificielle, avait un imprimé à fleurs qui me plaisait aussi. Je repartis et, quelques rues plus loin, je vis mon immeuble. J’espérais que je retrouverais la rue où j’avais vu cette boutique fantastique. Ce n’est pas toujours si évident, de trouver un magasin avec des vêtements dont le style me plaît ; j’ai un esprit de bohémienne, et j’aime les longues jupes, les corsages en dentelle, les hauts talons et les bijoux en grande quantité. Les tuniques brodées, les pantalons en toile de coton, très fine, coupés sur le modèle des sarouels, les bracelets en cuivre, dorés, clinquants, voilà les tenues que j’aime porter.

De retour dans mon appartement, je vérifiais que mon chat avait encore des croquettes et de l’eau, puis je suis allé me coucher. Ma semaine avait été épuisante et j’avais un retard de sommeil assez conséquent. Je dormis jusque très tard. En m’éveillant, je vis qu’un papier avait été glissé sous ma porte. C’était un prospectus m’informant d’une decontamination de moisissure, dans mon immeuble. Je me fis un café, bien fort, que j’additionnais d’un nuage de lait et d’une petite cuillère de sucre roux avec un bol de flocons d’avoine au miel, car ces aliments ont ma préférence pour le déjeuner. Ensuite, je bus un grand verre de jus de fruits frais, que je faisais en fonction de la saison. Le soir précédent me revint en mémoire, une fois que j’eus ingurgité toutes ces denrées.

La petite robe, les chaussures, l’écharpe, la vitrine dans son entier m’apparût en pensée. Mais où étais-je allée ? Où ce magasin se trouvait-il ? Je ne savais pas du tout dans quelle rue j’avais bien pu tourner. J’hésitais entre plusieurs itinéraires que j’avais pu emprunter. Je regardais sur un plan de la ville, ce que je n’avais jamais fait jusqu’à ce jour, car je considérais que je la connaissais très bien. Ensuite, j’allais sur Internet, mais la liste des boutiques de prêt-à-porter était extrêmement longue. Alors, je chaussais mes bottes, j’enfilais un manteau léger, et je retournais sur le trajet que je pensais avoir suivi. Après une bonne demi-heure de marche, je vis la vitrine de la boutique.