Les petits plats dans les grands

Les petits plats dans les grands - Rhonda Gamboa

Je repensais l'autre jour à mon amie, Hannah, que j'ai rencontrée par hasard, elle allait se marier, et elle m'a invité à ses noces. Je n'étais pas forcément enchantée par cette invitation. En effet, je suis en âge de me marier, mais ce n'est toujours pas le cas, et pour couronner le tout, je n'ai ni enfants, ni mari, pas même un petit copain. Cette amie quant à elle, offrait tous les signes extérieurs de la réussite.

Son mariage, par exemple, parlons-en, il était l'apothéose de tout un faisceau de réussites. Son futur époux, elle l'avait rencontré lors de son stage de fin d'étude, c'était son tuteur de stage. Il était bel homme, d'une stature convenable, les yeux noisette, mais pétillants. Il avait 12 ans de plus qu'elle, mais gardait encore la fraîcheur de ses 46 printemps. Il avait monté sa propre compagnie d’assurance, au sein de laquelle, il employait un planificateur financier et plusieurs conseillers financiers, son entreprise prospérait tout-à-fait convenablement. Celle-ci comptait depuis un peu plus d’un an, la seule employée féminine, une certaine, Hannah. Elle occupait le poste de secrétaire de direction, et menait tout son petit monde à la baguette.

Ce mariage promettait d'être fastueux, famille et belle-famille, n'avaient pas fait les choses à moitié. Je ne vais pas vous faire le descriptif de la cérémonie, ce sont des choses qui m'ennuient au plus haut point. La seule que je peux dire, en toute honnêteté, c'est qu'Hannah, drapée dans sa robe de mariée, était belle à faire damner un mort. Cet élément, malgré une forme de jalousie que je ruminais à son endroit, ne pouvait être nié.

Ce jour-là, j'ai été mal à l'aise dans ma robe de demoiselle d'honneur - je n'avais pas pu m'épargner ça, la robe de demoiselle - jusqu’au lancer du bouquet de la mariée que j'ai finalement attrapé. C'était tellement inattendu, que cela m'a donné le sourire. Oui, ce jour-là il y avait près de 40 jeunes femmes célibataires, prêtes à se ruer sur le fameux sésame : le bouquet de Lys de la mariée. Il a atterri à mes pieds au moment où je massais l'une de mes chevilles endolorie. Je l'ai ramassé et respiré, il exhalait un parfum délicat et subtil. J'ai souri comme une enfant !

Ensuite, pas trop eu le temps de rêver, car il fallait enchaîner avec les apéritifs, puis le repas. Deuxième surprise, j'étais à la table de deux des célibataires les plus en vue de la soirée. Je dois vous avouer que cela m'a fait piquer un fard. À ma droite, était assis un beau brun aux yeux verts, nous avons longuement discuté. J'avais, vous l'avez peut-être remarqué au fil de mon histoire, mis de côté ma jalousie malsaine, et par la même occasion, mon air boudeur.

Vers 3H00 du matin, je suis partie de la noce, définitivement réconciliée avec les mariages ; et dans mon sac, j'ai glissé discrètement le numéro de mon voisin aux yeux verts. Il l'avait laissé sous mon verre, en partant. Et c'est d'un pas rieur, que je suis allée dire au revoir à tous les invités, sans oublier la mariée !