Une nouvelle déco

Une nouvelle déco - Rhonda Gamboa

C’est en choisissant mon papier peint avec des feuilles de palmes vertes, sur un fond bleu, que j’ai vu une gamme de peintures dont les nuances étaient exactement celles que je cherchais. J’ai appelé Benoît pour qu’il vienne m’aider à choisir ; nous sommes colocataires dans mon appartement. C’est une situation peu courante, mais c’était la meilleure solution pour que je garde mon appartement, et que je puisse avoir des moyens financiers accrus. Ma mère avait lu un article sur ce sujet, et elle me l’a envoyé sur ma messagerie électronique. Elle m’a poussé à accepter en colocation le fils d’une de ses amies. Au début, j’étais peu enthousiaste, mais ce jeune homme est discret et sympathique, nous nous entendons très bien. J’ai bien conscience que ce doit être difficile pour lui d’habiter dans un logement occupé en partie par son propriétaire, et non avec un autre locataire.

Il m’avait conseillé un bon traitement contre les taches solaires, et en revenant, je l’ai accompagné dans des boutiques pour qu’il refasse sa garde-robe, nous avons échangé bien vite nos savoirs pour les mettre en commun et apprendre l’un de l’autre. Grâce à cet apport d’argent, je peux, enfin, refaire mon appartement. C’est surtout dans l’entrée que les peintures sont écaillées. Je préfère le papier peint dans ce couloir où nous arrivons. C’est plus agréable, à mon avis. J’ai envoyé une photographie à celui qui partage mon appartement, et il m’a envoyé un avis plus que favorable. Tout de suite, il a proposé de mettre un petit meuble en rotin et un miroir avec un encadrement en bambou, pour que tout s’harmonise avec le papier peint.

Pour installer le nouveau revêtement mural, j’ai voulu m’y prendre seul, mais Benoît est bien vite venu m’aider. Il a préparé le mur en rebouchant tous les trous, il les a lissés, puis il a mis une colle dont il a enduit le support sur lequel il a tendu le papier. Mon entrée a été entièrement refaite, et elle a un charme exotique qui m’amuse. Quand j’arrive, j’ai l’impression d’être dans une maison coloniale, à l’autre bout du monde. Je pose mon manteau dans la penderie installée dans le couloir, et je place mes chaussures dans le meuble en rotin. Ensuite, je chausse mes pantoufles et je vais m’asseoir dans le salon. Le plus souvent, Benoît est déjà rentré de son travail et nous bavardons pendant que l’un ou l’autre prépare le repas du soir.